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Samedi 2 septembre 2006

L'idée de départ est de traverser le Maroc a vélo de Marrakech a travers l'Atlas, jusqu'au desert puis d'aller vers le Nord pour voir Fes et Meknes.

Départ le 26 Aout 2006 pour 21 jours de voyages.

 

 

10 DH = 1 euro

 

samedi 26 aout. Paris-Marrakech

Départ sous la pluis battante a 6h du matin, mon avion décolle a 9h30 d'Orly ouest. J'ai fini d'emballer mon vélo cette nuit.

A l'Aeroport, les choses se passent assez mal pour mon vélo. On me réclame 40 euros plus un carton spécial a 6 euros alors que je m'etais renseigné et qu'il ne devait pas y avoir de pb. Je parlemente, je vais de guichet en guichet rien a faire. Meme si j'ai un billet Royal air maroc (vélo gratuit) ce sont les procédure Air France qui s'applique. J'arrive quand meme a negocier le carton. Bilan, je pars au Maroc allégé de 40 euros.

L'avion est a l'heure et le voyage se passe bien. Arrivé a Marrakech 10h30 heure locale. Apres le controle des passeport, je retrouve mon velo et mes deux sacoches sur le tapis roulant.  Je déballe mon carton dans l'Aeroport sous l'oeil des douaniers. Premier contact, premiere question: "combien coute un vélo comme ca en France?"  Pas plus de 2 000 Dhirams (200 euros) biensur ! Je regonfle les pneus a bloc sur le bord de la route, il y a beaucoup de vélo a Marrakech et on trouve partout des reparateurs de chambre a air qui attendent avec leur bassine.

Direction la Koutoubia et le centre de la ville pour trouver un hotel et poser mes affaires. Le premier hotel est plein, le deuxieme aussi, dans les ruelles de la médina, je vais d'hotels en hotels tous pleins pour un voyageur seul. Direction le Gueliz (la ville nouvelle) les hotels sont plus chers mais je pense y trouver de la place.

Finalement ce sera l'hotel des voyageurs (100 DH la nuit). Bon petit hotel tenue par Nora, l'acceuil est chaleureux meme si l'hygiene et la clim sont absent. Je pose mes sacoches et je retourne dans le centre.

Je laisse mon vélo a un gardien de la place jemma el Fna (2dh la journée) il s'appelle Mohamed et son garage est rempli de vélo et de mob a surveiller.

 

Auourd'hui, un peu d'internet, balade dans les souks, ils sont vraiment tres impressionnants par la foule, le bruit, les odeurs et les couleurs. Je m'y perds facilement mais c'est tellement agréable.

 

La fatigue de la journée commence a se faire sentir. La place jema el fna commence a s'animer a la tombée de la nuit, je mange une soupe Harira (2.5dh) puis un repas cote d'agneau dans un petit resto de la place pour 35 dh, c'est infect.

 

Il est temps de rentrer a l'hotel. Mon vélo reste dans la cour interieur de l'hotel attaché au mur. je prefereras l'avoir dans ma chambre, mais il n'y aura pas de probleme.

 

Dimanche 27 Aout. Marrakech

Aujourd'hui commence la véritable visite de Marrakech. Je partirais demain en direction, des montagnes de l'atlas.

Je me reveille a 8h, il a fait une chaleur ettoufante cette nuit. Je pars a vélo faire un tour dans le nord de la ville, loin des touristes. je sillone les quartiers populaires, meme si la pauvreté s'affiche partout, je ne ressents pas d'insécurité. Je m'arrete devant un grand marché aux légumes, les camions y arrivent de tout le pays et on peut voir des charrettes en repartir pour aller distribuer la marchandise dans la ville.

Les petites rues défilent, souvent large de quelques metres, quand je demande mon chemin, on me repond chaleureusement. J'arrive encore dans les souks mais cette fois par derriere, Je vois la Médersa (ecole coranique) et le musée de Marrakech (fermés). Il est tot, les premiers commercants commencent a peine a sortir leur marchandise.

Apres un bon jus d'orange place jema el Fna, je vais a l'hotel Tazi, il parait que sa piscine est acceuillante. Le grand hotel Tazi est un viel etablissement des années 50. Je goute au repos et a la fraicheur de cette endroit pendant quelques heures.

 L'apres midi, je vais dans le cyberparc de l'avenue Mohamed V. Il est ultra moderne mais un policier regarde par dessus les épaules si les internautes ne vont pas voir du Porno...

Je retourne dans le souk a la recherche d'une cartouche de gaz pour mon rechaud, malgré ce que dit le guide du routard, je trouve mon bonheur pour 10 dh. Je fais le plein de provision pour demain au grand supermarché ACIMA, cela me permet de mieux me familiariser avec les prix marocains qui ont la facheuse habitude de ne pas etre affiché.

La circulation dans Marrakechest comment dire...folklorique: on croise sur la route indistinctement, des anes des charettes, des vélos, beaucoup de vélos, des camions, des caleches des hommes qui poussent un chargement, des bus, des taxi et des voitures. Tout cela double a droite a gauche, il faut etre vigilant mais je ne m'y sent pas plus en danger qu'a Paris.

Ce soir je vais profiter de la place jema el Fna, de ses conteurs, charmeurs de serpents, cobras, scorpions, diseuses de bon aventure, tatoueuses de hénné et biensur de ses grillades qui emfument la place.

Cet endroit est magique quand a la nuit tombée toute la ville semble s'y retrouver.

Je rentre tard a l'hotel. Florence me manque beaucoup, j'aimerais qu'elle aussi puisse partager toutes les émotions que j'ai ressenti aujourd'hui. J'aime cette  solitude du voyageur mais si je m'arrete plusieurs jours, la nostalgie revient assez rapidement. Demain, c'est le grand départ. Direction la montagne, l'inconnu puis le desert. Mélange d'aprehension, d'angoisse et d'excitation.

 

Lundi 28 Aout. Marrakech-Taddert

Départ tres tot a 6h45 du matin. Reveil du gardien dans le hall, arrimage des sacoches et c'est parti, Je vais perdre beaucoup de temps pour trouver la route de Ouarzazate.

Apres 1 heure de tatonnement je sors enfin de la ville. J'ai du sortir la boussole pour m'y retrouver, il faut que j'aille vers l'est (j'allais au sud). Les petits village défilent tranquillement avec leurs petites échoppes et leurs petits boulots.

Je tombe tout seul en agrippant un rebords, un marocain accourt pour s'inquieter de mon sort. Je n'ai rien, je roulais doucement et il n'y avait personne sur la route, le vélo n'a rien non plus, c'est un premier avertissement. Il faut que je m'habitue a la conduite de mon vélo chargé.

Arrivé a Ait Ourir (40km de Marrakech). Ca devait etre mon etape du jour mais il n'est que 10h ! J'avale quelques gateaux et je repars. Le paysage change doucement vert/ocre/rouge, il y a toujours quelques commerces sur la route, je m'arrete acheter un pain pour mon dejeuner tout a l'heure (1,5dh).

 En arrivant pres d'une grande foret de pins, je ralentis et grimpe un talus pour m'installer a l'ombre. J'ai faim. Deux gros sandwichs de Vache qui rit (plat traditionnel du voyageur) et quelques BN feront mon repas. Il fait bon sous les arbres, la sieste m'apelle.

Je me remets en selle masi la chaleur est trop forte, il est 13h et ca tape tres dur. Je m'allonge tranquillement a l'ombre d'un abri.

J'ai le temps, je ne suis pas préssé. Je vais faire une véritable sieste et dormir 3h. A 16h je décide de repartir pour essayer d'atteinder Taddert a 50km de la. Je reve un peu mais bon. La chaleur est terrible, je m'arrete régulierement pour boire a l'ombre.

Surtout que l'on commence a voir les montagnes qui se déssinent et que ca commence a franchement monter. Mes reserves d'eau (4 litres) s'épuisent rapidement, je bois beaucoup.Dans une montée, une fourgonette s'arrete derriere moi pour faire descendre un passager. Il s'agit d'un taxi collectif.

J'hesite un instant puis inch allah, je tente ma chance. Je vais voir le chauffeur qui ne parle pas un mot de Francais, dans le minibus idem. Avec la carte, Je comprends qu'ils ne vont pas jusqu'a Taddert. Ce n'est pas grave, ca m'avancera un peu et ca me permettra de connaitre l'ambiance d'un minibus bondé de Berberes. On hisse mon velo et mes sacoches sur le toit, il y a un homme qui y reste pour s'assurer que tous les bagages sont bien arrimés. 

Je m'engouffre dans la camionette, je compte, nous sommes 22 pour 10 places assises normales, on roule avec la porte laterale ouverte. Je reste debout, grands sourires, je lance Salam aleikoum. Aleikoum salam, on veut me ceder une place mais je refuse en disant que je suis encore jeune et fort. Ca rit fort, ca parle berbere. Au premier arret, je sors et demande au mec sur le toit de prendre une bouteille d'eau sur mon velo. Il me la jette, je rentre dans la bus et je l'offre aux passagers, on me remercie. Un gobelet sort de nulle part et chacun a le droit a une gorgée. Il y a quelques hommes des vielles femmes et meme une mere avec un enfant qui porte un bandage impressionnant. On essaye de parler un , on rit beaucoup. L'homme qui reste a la porte ouverte passe pour encaisser, je paie 10 dh. Le chauffeur roule tres (trop) vite. Les arrets se succedent, au dernier nous somme 6 dans la fourgonette. C'est la fin du voyage , on descend mon velo et mes affaires, on se dit au revoir .

C'etait un fabuleux moment de la vie berbere. Me voila au milieu de l'atlas, il est 18h30 et je n'ai absolument aucune idée de l'endroit ou je suis. J'avance, les montagnes sont abruptes des deux cotés de la route.

Enfin une borne: Taddert 13km (je calcule donc que j'ai fait 20km de bus). Je mets 1h30 pour faire ces derniers kilometres en passant devant des villages accrochés a la montagne.

 Il y a des sourires et des encouragements sur le chemin. Deux enfants a vélos sur le coté se mettent en branlent a mon passage, on joue a se doubler et a se dépasser, malgré leurs vélos en piteux états ils ont le dessus sur moi!!

j'ai quand meme 70km dans les jambes. Ils abandonnent au bout de 2 km, bye bye Mohammed et youssef. Taddert enfin.

La nuit tombe, je m'approche d'un petit restaurant. Salamaleikoum, je cherche un endroit pour dormir, il m'indique l'auberge plus loin. Je lui dit que je vais poser mes affaires et que je reviens manger chez lui. La chambre est a 90dh, je négocie et je fais tomber le prix a 90dh ... De toute maniere, c'est honnete, il ya douche et lavabo. Je laisse mon velo dans la chambre attaché avec le U au lit. Précaution inutile mais je le saurais plus tard. De tout mon voyage, hormis les grandes villes, je n'aurais rien a craindre ni pour mon materiel ni pour moi.

Je mange avec hassan que j'invite a partager mon tagine. On discute de la resistance berebere dans ces montagnes, des arabes et du roi. Il me dit que ce soir et demain, un TRES grand ami a lui se marie et que je suis invité si je le désire. Pourquoi pas, apres tout si je voyage ce n'est pas pour voir des chambres d'hotels.

 Apres le repas, la nuit est la. Je vais dans une piece rencontrer le Marié Mohammed, en fait c'est un double mariage. Il y a deux mariés (Mohamed et Mohamed avec Hassan au centre).

Les hommes sont dans cette partie du village et les femmes sont entre elles un peu plus haut dans les collines. Je vais la connaissance de 2 brésiliens qui travaillent pour une association qui a pour but de faire un terrain de foot ici a Taddert, ils sont la depuis 1 an. Hassan, le marié et les brésiliens parlent francais. On boit le thé puis les femmes arrive pour mettre le hénné.

C'est tres impressionnant, Il y a beaucoup de monde, beaucoup de sourire et de chaleur humaine.Je suis tres bien acceuillis, on prends soin de moi.  Les hommes boivent en cachette des femmes et vont jeter les bouteilles vides dans la montagne. Ca fume aussi un peu de Hashich, surtout un des mariés qui est angoissé.

Hassan me dit que c'est dommage d'avoir mis mes affaires a l'hotel que je suis invité a dormir chez lui. Je ne veux pas que ca pose de probleme avec l'aubergiste. On retourne a l'auberge, je paie ma chambre pour y laisser mes affaires mais ce soir j'irais dormir chez hassan apres la fete.

Parcequ'il y a une fete sur les heuteurs du village, fete traditionelle avec tambours pour les hommes et chants et danse pour les femmes qui sont habillés a la maniere traditionelle berbere. Je parle avec beaucoup de gens du village. Je fais la connaissance d'Ali 21 qui étudie a Marrakech et qui est la pour les vacances. Il a envie de savoir bcp de choses sur la France, on parle religion, place de la femme et politique pendant des heures. Je passe une soirée magique au milieu des montagnes devant un mariage berbere sous un ciel etoilé et dans une ambiance de fete.

 On ira se coucher a 4h du matin. Je dormirais dans un salon de la maison de Hassan ou il y vit avec sa famille. Je suis sur les routes depuis aujourd'hui et je suis déja acceuilli par un marocain, je vis mon voyage a fond. C'est décidé demain je reste pour voir le mariage.

 

Mardi 29 Aout. Mariage berbere a Taddert.

Hier c'etait la cérémonie du "hanna", c'est a dire le hénné pour les mariés. Aujourd'hui c'est la grande soirée "Hawache". Le mariage va etre célébré et les femmes vont apporter les fiancées avec leurs bagages pour aller dans la maison des mariés. Tout le village attend cette soirée avec impatience, surtout hassan.

Malgré la nuit d'hier, je me reveille de tres bonne heure vers 6h30. Je sors prendre un Fanta, le village est encore endormi. Je reste sur le bord de la route a regarder le village prendre vie. Ce sont les enfants qui ouvrent les echoppes pendant que les adultes dorment. J'en profite pour sympathiser avec les villageois que j'ai vu hier a la fete.

Je fais une lessive puis je me remet sur le bord de la route assis avec un paquet de gateau que j'offre a chacun de mes compagnons de palabres. Je vois les cars de touristes passer, s'arreter pendant 20 minutes, le temps d'acheter qqchose et de repartir. C'est le meme ballet toute la matinée, toute la journée, toute l'année. Taddert est un petit village de montagne situé exactement entre Marrakech et Ouarzazate sur la seule route qui dessert cette région.

A Midi, je mange avec Ahmed (le frere d'Hassan) en fait c'est lui qui tient le petit restaurant, Hassan vend des pierres de l'autre coté de la route. Je vais chercher mes affaires et mon vélo a l'auberge pour les porter chez hassan de l'autre coté de la rue. J'aide un peu a débarasser les tables puis je pars avec Fabiano (un des brésilien) pour aller voir le "terrain de foot" on parle beaucoup avec fabiano, c'est quelqun de tres bien, de tres pieu. On monte sur les hauteurs du village pour admirer le paysage. Ici la vue est fabuleuse. taddert est vraiment niché au coeur de l'Atlas.

EN fin d'apres-midi, Hassan m'apelle, on va voir Mohammed un des mariés, il s'est isolé dans sa maison.

On mange le pain, le beure et le miel avec du thé. ce sont les femmes qui s'affairent dans la maison pendant qu'on a les pieds sous la table. On attends que les femmes arrivent de l'autre partie du village avec les fiancées. Mais avant il faut manger le repas de fete ce soir.

On laisse le marié seul et on retourne dans la maison d'hier. La, c'est un grand repas. Tous les hommes sont réunis dans une piece. On apporte quelques tables basses. On nous lave les mains ppuis on se regroupe autour des tables et le plat arrive sur la table ou tout le monde se sert avec un morceau de pain dans le plat commun. Tagine de poulet succulent, SSFA (vermicelle avec sucre et canelle) delicieux et fruits (melons et raisains). Puis on prends le thé. Je suis repus.

HAWACHE va bientot commencer, mais d'abord on entend les femmes arriver au loin des hauteurs du villages. Une voiture arrive avec des valise et au moins une vingtaines de personne accrochés dessus. ce sont les fiancées qui vont rejoindre les mariés. Apres cette arrivée en fanfare, on les laisse seuls.

Les hommes se reunissent dehors, on apporte des tapis puis des tambours. Un feux est allumé pour attendrir les peaux des tambours. La nuit se passera au son des chants et des tambours dans une ambiance inoubliable discutant ici avec omar, la avec hassan , Ali, son pere ou fabiano de Taddert, du Maroc, de la France et de la vie. Ici a Taddert, ce sont les jeunes qui font le folklore, encadré par quelques anciens. Ils sont tres attaché a la tradition.  Demain, je vais devoir partir en etant Tres triste, ca fait deux jours que je suis a Taddert et je connais une bonne partie du Village. mais le Maroc est encore grand. Les offres d'invitation a Marrakech et a Taddert son nombreuses quand je dis que je pars demain. Je leur enverrais les photos que j'ai prise et si je reviens au Maroc, j'irai les saluer sans faute. Merci encore a tous les habitants de Taddert pour leur acceuil et leur hospitalité.

 

Mercredi 30 Aout. L'accident.

Malgré la fatigue de la veille je veux partir tot. D'abord pour eviter la chaleur mais aussi pour eviter les adieus larmoyants. je suis triste et je veux partir rapidement. Je salue hassan qui dort encore a moitié, j'embrasse ahmed et le pere d'Ali puisje file vers le sommet de l'atlas. Le col Tichka a 2260 m d'altitude.

Je pars de Taddert en baragouinant quelques mots d'arabe supplementaires mais en etant imbattable pour saluer en arabe au point qu'on me prends tres souvent pour un marocain.

Au bout de quelques kilometres, les jambes sont mauvaises, je n'ai pas dejeuner et la fatigue est la. J'arrete une camionette je négocie cette fois le prix avec assurance. Pour monter le col de Tichka qui est un véritable mur, il me demande 100dh, je lui explique que le bus pour Ouarzazate coute 50dh. Il fait mine de partir puis s'arrete un peu plus loin, va pour 20 dh...mais au bout de 100m, la boite de vitesse explose litteralement. heureusement qu'il ne roulait pas vite. je redescends mon velo du toit, je lui laisse une bouteille d'eau et j'attaque le col apres un coca et une pause au pied de la route. 15 km de montée abrupte mais réguliere. j'arrive la haut apres deux heures d'effort.

Au col de Tichka, je sympathise rapidement avec abderahame, qui m'avait sauté dessus comme il fait a chaque touriste, mais je lui ai dit que j'ai mon temps, je me suis assis, je lui ai offert une cigarette (j'en ai toujours quelques unes pour offrir...) puis on a bu un peu d'eau en discutant. Je vais voir le restaurant du col, c'est abdou qui s'en occupe je commande un tagine pour 25dh puis j'invite abdou a le manger avec moi. il refuse, amenant avec lui son propre tagine. on discute avec les commercants du col, ils viennent tous du meme village.je leur raconte mon voyage. Je suis rapidement invité a dormir au village. Abdou refuse que je paie pour le tagine. Et quand j'explique que ma mere ne voulais pas que je vienne au maroc car elle pensait que j'allais me faire voler ou agresser. Mohammed (un émigré qui travaille l'ete dans son village) et abderahamane vont dans leur boutique chercher des cadeaux pour elle. Je repars du col de Tichka avec un collier, des boucles d'oreilles et des invitations ici a tichka mais aussi a Marrakech ou momo a des magasins...

Je repars vers 16h de Tichka la route jusqua Ouarzazte n'est qu'une grande descente. 60km de bonheur dans un décor de reve a pedaler tranquillement avec un temps parfait en cette fin d'apres midi.

A 2km de amerzgane (30km de ouarzazate) deux camions se croisent a ma hauteur et me poussent sur le bas coté. je perds le controle du vélo et la chute est violente. Heureusement rien de grave, j'ai le bras en sang, ma chemise est déchiré, le guidon gauche de mon vélo est tordu, ma bequille est cassé mais ca va, je me releve, rien de cassé, rien d'irréparable.

Ibrahim, un jeune en mobylette derriere moi, vient immédiatement  m'aider. Il ne parle pas un mot de francais mais il me lave les blessure et je le suis, encore sous le choc, au village d'Armezgane. J'attends sur la place sous le regards des commercants. Puis Ibrahim m'amene a la maison de l'infirmier du village qui n'est malheureusement pas la. C'est Imed 21 ans son fil qui ouvre... Devinez, je vais passer trois jours magnifiques a Armezgane dans la famille d'Imed...

La trousse de secours que j'ai avec moi va donc me servir. Imed desinfecte mes blessures avec la betadine puis des compresses. On parle un peu de mon voyage, il parle bien le francais,il est etudiant a ouarzazate. Il apprend le metier de frigoriste. Said son cousin est avec lui. Quelques heures plus tard le reste de la famille revient. Alal le pere, Zara la mere, Khadija et Aicha les deux filles. "Tu es le bienvenue, reste ce soir" seront ses premiers mots pour moi. Apres le the et la visite de son centre de santé (tres bien fourni en médicament , strérilisateur etc), je fais le tour de la Village. Puis on finit la soirée en discutant du Maroc, du roi et de l'état sanitaire dans le royaume autour d'un copieux tajine. 

 

Jeudi 31 Aout Tadoula.

Reveil a 9h, j'ai dormi dans une piece avec Said. Mon bras me fait mal mais les blessures sont superficielles. Au petit dejeuner Pain, miel, confiture de figue, thé et vache qui rie.

Le chat de la famille Zouzou a un probleme a l'oeil, je sors du Sérum Phi de ma trousse et je montre a Aicha comment le nettoyer. Il se trouve que Said est mécanicien... On regarde mon velo et on le remet en état. Il n'y avait pas grand chose a faire , il est tres solide et seul le revetement du guidon a reellement souffert. Je passe la metinée a regarder le village vivre depuis la terasse du restaurant de la famille.Il n'y a pas une seule femme dehors contrairement aux villes. Ici ce sont les hommes qui occupent le pavé.

Cet apres-midi on va aller a Tadoula, le petit village dont est originaire la famille d'Imed. En fait, sa famille en compose la moitié. Pas de taxi, on y va a pied, il y a 4 km. Abderhamane, son cousin construit une auberge juste a la sortie du village, on s'y arrette un instant il fait tres chaud.

 Arrivé a Tadoula, a l'ecart de la route on mange un tagine dans sa maison familliale ou vivent ses grand parents. Meme si le village est pauvre et reculé,il y a quand meme la télé avec le satellite. Hasard, en changeant de chaine, je tombe sur France-Grece quart de finale du championnat du monde de Basket. Defaite de la France mais quel plaisir de regarder ce match dans un village perdu au milieu du Maroc.

Apres le Match, on est invité a boire le thé dans la maison du Cheick du village, son fils est un grand ami d'Imed. La maison est somptueuse, j'apellerais plutot ca une villa. Il ne manque que la piscine. Ici, je bois l'eau que l'on me donne. Elle a un petit gout mais elle ne me rendra pas malade, au centre de santé, j'ai vu le tableau qui recense tous les puits de la region ainsi que les registres de controle et de desinfection. Ils sont vérifiés deux fois par semaine.

 Le soir, on a manger le FABULEUX couscous de Zara; quel régal. Je m'essaye a le manger a la main en faisant une boulette et en la propulsant avec le pouce dans la bouche mais c'est un echec cuisant. Said et Zara y arrivent a la perfection tandis que Alal et Imed se servent d'une cuillere. J'ai l'air moins con.

On se couche tard en discutant dans la petite cour de la maison. Il fait tres bon et le ciel est rempli d'etoiles. J'apercevrais meme une etoile filante. Décidemment ce voyage est parti sous une bonne etoile.

 

 

 Vendredi 1er septembre. Ait- Benhaddou.

 Aujourd'hui visite d'un des plus beau site marocain. la Kasbah d'AitBenhaddou est un village fortifié en terre; l'un des mieux conservé du Maroc.

Mais d'abord, lessive. A peine ai-je sorti mes affaires qu'Imed me dit que Khadija va s'en occuper. Alal et Zara soont partis a Tadoula. On mange une omellette avant de prendre la moto de la famille pour aller a Ait-Benhaddou a 15 km de la. Sans casque biensur. On est au Maroc...

 Visite de la Kasbah qui est tres ancienne et tres belle. Les cars deversent les touristes en face, j'offrirais de l'eau a un touriste francais qui commencait a avoir un malaise sous la chaleur torride de l'endroit. Il me prendra pour un guide...

Le retour a Armezgane est difficile, le vent se leve et une mini tempete de sable rend la progression difficile. Tous les km je dis a Imed "chouia  chouia" pour le faire ralentir. Comme la plupart des marocain , il aime conduire vite.

L'apres midi, je montre mes affaires aux hommes de la famille. Ils sont surtout impressionné par la lampre frontale et le duvet qui est si leger. Une autre chose attire aussi leur attention: Ma chambre a air de rechange, elle leur semble tres tres solide par rapport a celles que l'on trouve au Maroc et qui sont parfois en plastique.

16h gouter: Sardine ognion pain tomates.  18h: lait miel et thé.  Je trouve une revue médicale sur les morsures de serpent au Maroc, j'en profite pour m'informer sur le sujet.

Apres le repas, "Chaaria" des pates cuites a la maniere marocaine, Imed me presente Rachid au village.

Quel personnage ce Rachid, il est clown. Oui, clown marocain. Il travaille avec les ecoles ou dans des maneges a Ouarzazate. La vie de clown n'est pas facile parceque ce n'est pas un metier recoonnu au Maroc. c'est un peu associé a de la mendicité. Il parle relativement bien francais. Je passerais une soirée tres agréable dans sa petite maison (une case sans fenetre aux abords du village).

 

Samedi 2 septembre. Ouarzazate.

Reveil a 9h. Petit dejeuner "Azkif" Une soupe de blé que j'ai moyennement appreciée. Aujourd'hui Ouarzazate. D'une part pour voir la ville et d'autre part pour voir la chambre d'Imed qui etudie la bas. Je suis curieux de savoir comment vit un etudiant marocain. On prend un taxi (11dh pour 35km). La bas on tombe sur Ibrahim, celui qui m'avait aidé lors de ma chute!

On passe la matinée dans la chambre d'Imed qui est minuscule, c'est une petite piece de 3 metres sur 4 sans fenetre avec un tapis et une banquette. Le loyer va avec: 300dh par mois. 

Je vais ensuite passer l'apres midi dans un cyber pour mettre a jour le blog et contacter les amis et la famille. Apres un Pokadiousse (sandwich pain omelette frite a 5dh) c'est le retour sur Armezgane.

C'est tout simplement l'enfer sur 35 km. Nous sommes 9 dans le taxi: le chauffeur, Imed et moi sur le siege avant, 4 personnes derriere avec 2 enfants... Le chauffeur roule tres tres vite et en plus il commence a pleuvoir et la nuit tombe. J'arriverais a Armezgane avec 2kg de sueurs en moins.

Le soir Tagine, Riz et petit lait, c'est deliceux comme a chaque fois que Zara prépare quelquechose. Apres on va rendre visite a Rachid, il insiste pour me montrer ses costume de scene. Tres bonne soirée a rire et plaisanter moitié en Arabe, moitié en Francais. Chez la Famille Ikireme, j'aurais bcp progressé en Arabe.

 

Bilan de la premiere semaine:

Les Marocains: Acceuil chaleureux. Pas de problemes. Les rabatteurs et faux guides sont facilement reconnaissables. Voyager a Vélo inspire le respect et me donne une image humble aupres des marocains.

Les routes: Elles sont bonnes dans l'ensemble meme si elles sont parfois trop etroites (cf accident). Pas de probleme avec la circulation, les voitures et les camions, meme s'ils roulent vite, s'ecartent et klaxonnent pour prevenir.

La santé: Ben, ca vales jambes vont bien, il faut dire que je n'hesite pas a m'arreter souvent. Je ne suis pas préssé. Mon bras cicatrise, j'ai encore un peu mal mais sur le velo pas de soucis.

Le vélo: La grande satisfaction du voyage. Leger en montagne, rapide dans les plaines. Sa solidité n'est plus a démontrer apres ma chute qui aurait mis mon ancien vélo a la retraite. C'est un tres tres bon vélo, le seul défaut: trop voyant par rapport au standard marocain. Pas de crevaison.

La chaleur: Il fait chaud, voire meme tres chaud. Aux informations, on parle meme d'une vague de chaleur sans precedent sur le pays avec conseils pour supporter la canicule. Pas de soucis si j'adapte mes horaires et que je me pose a l'ombre de 12h a 16h...

Les mots d'arabe appris et utilisé  cette semaine: en phonetique biensur.  mon accent est catastrophique bien entendu sauf pour les salutations.

Salutations: Bonjour, ca va, bien, grace a dieu - Salamaleikoum, aleikoum salam, la bes, berrere, hamdoulillah.  Avec variante couchy berrere etc

combien? - chaal?    tres utile avec les commercants pour eviter une hausse subite des prix           

fatigué - ayane

c'est encore loin... - ouech beida...

ou? - fine?

oui/non - ourha/la

Vélo - bichclette/Pikala.

comment t'apelles tu? - Haschnaya smitek en arabe (a) / Heîsmilk en berbere (b).

Pain - roubs

l'eau - L'ma

Le chat - Ket (a) / el Mouch (b)

donne moi a boir - Fkieh adsour

fianciée - ratibati

ami(e) - habib(a)

frere - rouïa

pourquoi? - Halech (tres dur a prononcer le ha)

qui? - chkoun?

quand? - imta?

moi/toi - ana/ta

Donne moi - Ataini

ca - hadik

escuse moi - sam hani

C'est bon - Meziane         tres utilisé

C'est pas bon (ca ne marche pas) - Ma Khadmash

Prends - Ak

 

Dimanche 3 septembre. la palmeraie de Skoura.

Reveil a 7h30, je suis de mauvaise humeur. je n'ai pas envie de partir mais la route m'apelle. je suis ici pour traverser le Maroc pas en pension chez la famille Ikirene malgré tout le bonheur qu'ils m'apportent.

Je vais au village acheter 2 bouteille d'eau et du pain pour la route. L'etape va etre longue. je vais contourner ouarzazate a 35km pour rejoindre Skoura 40 km plus loin. Le départ est TRES difficile, impossible de retenir quelques larmes. Je quitte une petite famille qui m'a acceuilli, soigné, nourri, logé et blanchi pendant 3 jours. Merci encore a Alal, Zara, capitaine Said, Imed, Khadija, professeur Aïcha et  Zouzou le chat pour leur acceuil. Mais je remercie aussi tous les autres au village, Rachid le clown, omar l'epicier de Tadoula ou Smail le fils du Cheikh. Merci encore pour ce grand moment dans ma vie.

Zara va me chercher un sac de gateau qu'elle fourre dans mes affaires ainsi qu'une bouteille d'eau glacé. J'écourte les embrassades, c'est parti.

Je me retourne une derniere fois, toute la petite famille est venu sur la colline pour me saluer une derniere fois. A bientot Inch allah.

Direction Skoura. Je repasse devant Tadoula, je fais une photo de la fameuse porte en pierre du Village et de sa colline. J'evite Ouarzazate par le nord mais je n'echappe pas aux studios de cinema de la ville. On peut voir au loin un chateau fort moyennageux et il parait qu'il n'est pas rare de voir s'attabler aux cafés du coin des chevaliers en armure ou la reine cleopatre en costume...

La route devient peu a peu desertique, c'est une succession de montée et de descente qui sont fatigantes apres avoir connu la longue descente du Tichka. A 13h la chaleur augmente, je m'arrete tranquillement sous un arbre pour manger et faire la sieste. 

Skoura n'est plus qu'a 25 km. Pour oublier la tristesse du depart, j'aurais donc fais 50km d'une traite. (ca me rapelle une scene du film "mes meilleurs copains).

Avant de repartir, je regle a nouveau mon velo qui a encore les sequelles de l'accident. Puis je croise mes premiers dromadaires.

En fait c'est tout un troupeau ( une trentaine)  qui traverse la route devant moi. En arrivant a la hauteur du berger, je m'arrete et je lui offre a boire.

c'est un homme d'une 50aine d'année au visage burriné par le soleil. Il ne parle pas un mot de francais ni d'arabe, il ne parle que le berbere, ce qui ne l'empeche pas de descendre ma bouteille d'eau le saligot.

A 10 km de Skoura, mes bouteilles sont vides, je pose le vélo devant une petite echoppe comme il y en tant sur la route pour acheter une bouteille d'eau. J'essaye d'entamer la conversation mais l'epicier est une vrai tombe, pas un mot pas un sourire. Rien.Je lui demande s'ila un bout de metal pour remplacer ma bequille, sans lever les yeux il me fait non de la tete puis va faire sa priere sans s'occuper de moi...Allez je continue.

Quelques kilometres plus loin, le vent se leve doucement puis devient de plus en plus violent. La pluie commence a tomber et en 5 minutes c'est un veritable orage qui est sur moi. Plus question de rouler dans ces conditions. Je sors en vitesse la bache qui est sur mon porte-bagage arriere et je m'abrite dessous sur le bord de la route, le velo dans le fossé.

J'attends comme ca 45 min, ca se calme un peu quand deux cycliste qui vont a skoura me lancent "yala ! " (allez !) Ils ont raison, le vent s'est calmé et la pluie est sur le point de s'arreter. Je replie ma bache et je remonte en selle. 1 km plus loin, je retrouve mes deux cyclistes. Je leur offre a boire, on discute 5 minutes. Il s'agit d'Abdel Aziz (40 ans) et de son neveu mohamed (20 ans). Ils etaient venu voir leur famille plus loin et ils rentrent a Skoura. Aziz m'invite rapidement a manger et a dormir chez lui, j'hesite c'est un peu trop rapide. Apres quelques questions d'usages (cf comment eviter les problemes) je les suis.

Le doute s'installe quand on doit emprunter une piste tres difficile sur 3km a l'ecart de Skoura. En fait, c'est un raccourci pour atteindre son village au coeur de la palmeraie. C'est un decor magnifique digne des milles et une nuits. Il faut imaginer un village de maisons en pisé entourés de grands palmiers , de champs et de canaux d'irrigation. J'ai l'impression de faire un voyage dans le temps...

 

 

Par bernard - Publié dans : lesvoyagesdejc
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